Lundi 10 mai 2021

Sauver nos retraites, vraiment?

Dossier majeur de la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, la réforme des retraites doit aboutir à un vote du Parlement à l’automne.  Les prévisions du Conseil d’Orientation des Retraites sont en effet des plus alarmistes concernant…

…les déficits du régime général de retraite des salariés du privé. Ces déficits annuels exploseraient à très brève échéance, augmentant de plus de 600 % entre 2008 et 2015 pour conduire à des déficits cumulés abyssaux. Face à ce naufrage annoncé, quelles solutions sont  envisagées par le gouvernement?

Aligner le régime des fonctionnaires d’Etat sur le régime général?
Depuis quelques semaines, Eric Woerth, à la fois ministre du Travail et de la Fonction Publique, envisage de faire passer de 40 à 41 le nombre d’annuités nécessaires à un fonctionnaire pour partir à la retraite avec une pension complète, comme ses prédécesseurs l’avaient fait en 2003 pour le régime général.  Mesure d’équité entre public et privé, elle n’apporte bien sûr pas de solution à l’explosion des déficits du régime général.  Les fonctionnaires prendront  simplement leur retraite de plus en plus tard, ce qui n’est pas forcément sans conséquence pour le budget de l’Etat. (Leurs traitements comme leurs salaires sont en effet prélevés annuellement sur le budget.) La baisse spectaculaire de 16% du nombre de départs en retraite des fonctionnaires civils d’Etat en 2009,  crée  par exemple une mini panique dans les ministères pour l’élaboration du budget 2011, en chamboulant les ratios traitements – pensions et  donc la savante mécanique du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Cet aléa, imputé à la conjonction de la crise et de la réforme de 2003 qui allongeait déjà la durée de cotisation pour les  fonctionnaires, préfigure l’accélération formidable que cette mesure donnerait au recul de l’âge de départ  à la retraite dans le public.

Reculer l’âge légal de la retraite ?
Bien que le Gouvernement s’en défende pour le moment, les options proposées courant mai, pourraient  comprendre le recul à 61 ans de l’âge légal de départ à la retraite  dès 2015. Véritable casus belli pour la gauche, l’argument avancé semble frappé du sceau du bon sens: « nous vivons  plus longtemps, nous devrions donc travailler plus longtemps ». Encore faudrait-il pouvoir travailler plus longtemps! Public et privé ne sont alors plus du tout logés à la même enseigne: plus d’un salarié du privé  sur deux n’est plus en activité au moment de prendre sa retraite. Ce que nous gagnerions en pensions, nous le perdrions donc  en allocations.

Si le recul de l’âge de cessation d’activité est un levier puissant de résorption  des déficits de nos régimes de retraites, il nous faudra bien admettre notre difficulté à l’utiliser en pleine crise économique, après des décennies d’impuissance face au chômage, et rechercher d’autres sources de financement .

Crédit photo: Robert van der Steeg (Eternal Clock)



3 Commentaires

  1. Comments  Rodrigue   |  Jeudi 10 juin 2010 à 12 h 48 min

    Commentaire assez faible.
    Augmenter l’âge de départ est fortement incitatif pour rester sur le marché du travail et réduire ainsi les programmes de pré-retraite. L’ensemble des paramètres qui guident une économie et leurs interdépendances sont trop complexes pour l’argumnetaire de l’article. Par ailleurs, les besoins de financement seront tels pour les producteurs de richesses, qu’il sera alors plus interessant de partir.
    Etre ecolo, c’est aussi créer un système juste et durable. Le contraire de ce que propose Mme Bertin qui manifestement préfère reporter les problèmes économiques à demain, de la même facon que d’autres polluent en laissant soin à nos enfants de nettoyer plus tard.
    Ce n’est pas les retraites qu’il faut sauver mais une certaine idée de la justice entre générations. Ceux qui partent représentent collectivement la plus riche génération de francais de l’histoire. Ils doivent donc prendre part à l’effort de facon significative

  2. Comments  Marie-Amélie   |  Vendredi 11 juin 2010 à 17 h 31 min

    Nous avons en tout cas, contrairement à ce que vous pensez, un grand point commun: je souhaite moi aussi que soit trouvée une solution efficace et socialement juste au besoin de financement des retraites.
    Un autre rapport du COR, qui a étudié ce qui se passerait si l’on se contentait seulement d’augmenter l’âge légal de départ à la retraite (même jusqu’à 65 ans–une piste favorisée depuis longtemps par le MEDEF), arrive à la même conclusion: à savoir qu’il faut trouver d’autres sources de financement(avec pourtant dans sa pire hypothèse des taux de chômage et de croissance idylliques).

    L’âge moyen de cessation d’activité, pas plus qu’un taux de chômage ou qu’un taux de croissance, ne se décrète pas; ils sont le fruit d’une politique. (Il est bien plus facile et démagogique d’agiter le chiffon rouge de l’âge légal de départ à la retraite, comme le fait le Gouvernement actuel. )

  3. Comments  Rodrigue   |  Dimanche 13 juin 2010 à 8 h 11 min

    Je ne dis rien d’autre, le report de l’âge légal de départ est nécessaire mais absolument pas suffisant. Un report à 65ans (comme ce fut le cas autrefois) n’est pas un scandale.
    Il faut par ailleurs, j’en conviens, trouver d’autres sources de financement. Le problème est qu’il faut aussi en trouver pour le système de santé et encore d’autre pour diminuer la dette. C’est précisement le nombre des défis qui demandent du financement qui m’incite à dire que pour règler le problème, il faudra mettre les retraités eux-même à contribution (un retraité gagne plus qu’un salarié :o ) et un relèvement rapide de l’âge légal de départ.
    Mettre enfin sur le dos de l’actuel gouvernement 40 ans d’incurie budgétaire, c’est exagéré. La politique est le produit d’une culture nationale. La France a pris le chemin de la démagogie, elle devrait prendre celui du travail et de l’humilité, mais bon, c’est moins porteur.

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