Mercredi 12 mai 2021

PS: des primaires ouvertes fermées?

Dans quelques semaines les universités d’été à La Rochelle lanceront la course aux primaires socialistes pour la présidentielle de 2012. Des primaires ouvertes…déjà verrouillées par la Première Secrétaire, Martine Aubry ?
« De A à Z – ou plutôt de C comme cumul à P comme primaire, on va la faire la rénovation ! » Par ces mots prononcés à La Rochelle l’été dernier, Martine Aubry, en reprenant les propositions de la motion E de Ségolène Royal, refermait les plaies du Congrès de Reims et ouvrait la voie à la rénovation du Parti Socialiste: non cumul des mandats et surtout primaires ouvertes au vote de tous les sympathisants de gauche.

Tout l’enjeu des primaires ouvertes prend sa source dans ce drôle de Congrès qui installa une improbable Première Secrétaire, issue d’une motion minoritaire et du célèbre « accord de Marrakech » liant Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Un parti socialiste uni derrière un candidat incontesté, si possible désiré par les français… comment y parvenir en évitant tout risque de division ? Comme gage d’unité, tous les candidats aux primaires défendront le même programme, dont le projet présenté par Pierre Moscovici, fait la part belle à la « social-écologie » de Ségolène Royal. De plus, la « machine à gagner » d’Arnaud Montebourg, en élargissant la base électorale, devrait permettre de sortir du statu quo de Reims et d’annihiler les combinaisons d’appareil, tout en créant une dynamique populaire porteuse à seulement six mois des présidentielles. Pourtant les primaires populaires ne prémunissent en rien les éléphants de leurs vieux démons; et déjà avant même que le calendrier et les modalités de candidature ne soient connus, certains de Manuel Valls à François Hollande s’empressaient de faire savoir, bien trop tôt sans doute, qu’ils seraient candidats et s’y préparaient.

En attendant Strauss-Kahn… L’hypothèse savamment entretenue d’une candidature aux primaires de l’actuel directeur du FMI, tenu au devoir de réserve, eut l’effet escompté: calmer les impatiences et les appétits de nombreux candidats non-déclarés qui commençaient déjà à demander par voie de presse des primaires précoces, et ce malgré le risque qu’une défaite aux primaires de la Première Secrétaire pourrait faire courir à l’unité du PS, si elle devait survenir avant les six mois de véritable campagne présidentielle. L’opération se révéla finalement un tel succès, sondage à l’appui, que les strauss-kahniens eux-même se mirent à y croire. Pourtant d’après des révélations de ses proches dans le Canard Enchainé, l’intéressé pourrait avoir d’autres ambitions pour 2012, année où prend fin son mandat au FMI ; Pierre Moscovci peut donc ouvertement annoncer lui aussi sa candidature, « si Dominique Strauss-Kahn ne se présente pas » bien sûr.

Laisser du temps au temps et feindre le détachement. La stratégie adoptée depuis le début de l’année par Ségolène Royal, candidate malheureuse à la présidentielle de 2007, montre à quel point elle a compris la nouvelle donne que représente pour elle la tenue de primaires ouvertes, qui plus est tardives. Ces primaires ouvertes n’ont-elles pas la particularité de permettre à des candidats n’ayant pas les faveurs de l’appareil de s’y révéler et de l’emporter; comme le rappelait d’ailleurs Pierre Moscovici sur son blog, dans un éloge des primaires ouvertes: « les trois derniers présidents démocrates aux Etats-Unis, Jimmy Carter, Bill Clinton, Barack Obama, appartiennent à cette catégorie des outsiders, et n’auraient jamais été choisis par l’appareil partisan. » L’annonce choc de Ségolène Royal, « Je ne serai pas candidate contre Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry. », le 30 mai dernier sur France 5, lui permet d’ailleurs très tactiquement de se positionner dans la course aux primaires, comme le soulignait Christophe Barbier dans un de ses éditoriaux. Que dit-elle en fait? Qu’elle ne se portera pas candidate pour cause d’accord invraisemblable avec Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry, comme l’a généralement interprété la presse française, ou bien qu’elle ne se présentera pas (aux présidentielles) contre le candidat socialiste, logiquement Dominique Strauss-Khan ou Martine Aubry, mais qu’elle participerait donc bien aux primaires ? Sans doute la deuxième interprétation est-elle la plus crédible, Ségolène Royal, ayant depuis affiché, lors de l’émission Terrrain Politique qui lui était consacrée sur LCP, une grande confiance en ses chances de remporter les primaires le moment venu, malgré les sondages…

Ainsi, loin d’être déjà verrouillées par un accord de non agression Aubry-DSK-Royal, sitôt dénoncé dans la presse par certains candidats socialistes, déclarés ou non, ces premières primaires populaires de l’automne 2011 s’annoncent au contraire passionnantes.

 



1 Commentaire

  1. Comments  gode ventouse   |  Samedi 28 août 2010 à 15 h 08 min

    Je suis effaré par le fait de constater à quel point les commentateurs/chroniqueurs occultent le fait essentiel suivant:

    pour le moment, aucun des candidats potentiels aux primaires PS n’a de projet construit pour la France!

    Il est donc vain, superflu et malhonnête de passer des heures à supputer les chances des uns et des autres. C’est participer à une personnalisation ridicule!

    Seuls devront être pris en considération les PROJETS. Il n’y aura pas de victoire sans projet!

    Le candidat qui saura proposer un projet qui aura du souffle, de l’allant, qui offrira des perspectives d’espoir, sans démagogie car il faudra tenir compte de l’état catastrophique des finances de la France, ce candidat-là marquera des points

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