Mercredi 12 mai 2021

L’Avenir de l’Homme

L’ Académie Nobel vient de primer trois femmes, et à travers elles le combat qu’elles mènent. Ainsi Ellen Johnson-Sirleaf, Leymah Gbowee, et Tawakkol Karman sont toutes trois prix Nobel de la paix 2011.

Les deux premières sont libériennes, elles se sont battues à la fois pour le droit des femmes dans leur pays, pour sortir le Lyberia de la guerre ou tout du moins pour en gérer les conséquences ; la troisième est yémenite, blogueuse engagée, tête de proue de la protestation dans son pays. Toutes trois sont des symboles forts, le prix qu’elles ont reçu est un message envoyé par le Comité Nobel Elle présagent de notre avenir.

 

Un symbole fort

Le premier symbole fort est qu’elles sont des femmes, ce n’est pas si fréquent pour un prix Nobel. La dernière femme prix Nobel était la kenyane Wangari Maathai en 2004. Le second symbole fort est qu’elles sont des femmes évoluant dans des sociétés d’hommes. Enfin, le dernier symbole est qu’elles se battent. Il apparait comme évident que le comité Nobel, de culture foncièrement démocratique et progressiste cherche à soutenir le courage de ces femmes, qui en plus de se battre, comme il a été dit, pour les droits de leur proches, questionnent et changent les sociétés dans lesquelles elles évoluent. Pour cette fois, pour le Comité Nobel, il ne s’agit pas seulement de reconnaitre et de récompenser ce qui a été accompli mais de donner un coups de pouce au destin. Ainsi le Président Saleh est toujours au pouvoir au Yemen, mêsa position est de plus en plus précaire, puisqu’il a annoncé lui-même sa sortie de scène, et l’action de Tawakkol Karman ne prend que plus d’éclat avec ce prix, d’autant plus que cette action est basée sur la communication. Plus flagrant encore Ellen Jonhson-Sirleaf actuelle présidente du Libéria est à l’aube de nouvelles élections et c’est à juste titre que son opposition clame pratiquement au délit d’ingérence. Le rôle du Nobel est clairement actif. Par cette décision, il fait d’une pierre deux trois coups. Il proclame l’importance des femmes dans nos sociétés, l’importance des femmes comme vecteur de transformation démocratique des sociétés, dans lesquelles elles évoluent, et traditionnellement dominées par les hommes…Plus généralement, cette prise de position active, témoigne d’une nouvelle vision de nos sociétés.

 

La fin des sociétés patriarcales, l’avènement de la démocratie

Depuis le début du vingtième siècle, les guerres, les crises économiques, l’avènement puis la chute du Communisme d’état, l’avènement puis la chute actuelle du libéralisme sauvage, l’abondance des ressources puis leur raréfaction témoignent d’une fin de parcours de la fin de nos civilisations. Les acteurs politiques et civils de ces évènements, des hommes pour l’essentiel, semblent aujourd’hui dépassés, ils éprouvent le plus grand mal à se renouveler. De manière diffuse, ce constat est inscrit aujourd’hui dans l’inconscient collectif…Comme s’il s’agissait d’un petit peu plus qu’une simple corrélation, ces faits de société correspondent à l’avènement des femmes en politique, et dans la société civile et je ne parle pas que de nos sociétés occidentales. Ainsi le président du Brésil est une présidente, celui du Libéria également. Plus proche de nous, des femmes président, ou participent à la présidence, des mouvements politiques français revendiquant des fondations progressistes. Que ce soient Cécile Duflot, Martine Aubry, Ségolène Royal, Marielle de Sarnez elles occupent toutes des rôles de premier plan dans leur mouvement politique. La situation est moins flagrante au sein des entreprises françaises. En fait, de manière très basique, dans tous les milieux où l’autorité et une certaine forme de force prévalent dans l’organisation des entités, les femmes sont absentes des responsabilités. Dans ces milieux, les rares femmes qui réussissent n’y arrivent que grâce à leurs « qualités viriles »…En fait, dans un monde d’hommes où la force prévaut, les femmes ne peuvent y arriver que par la démocratie seul régime ou mode de fonctionnement où la méritocratie y est consubstantielle , et elles n’ont pas d’autre choix que de proposer autre chose que ce que leurs alter-égos masculins proposent pour y arriver, pour se faire leur place, que ce soit dans les partis politiques ou les entreprises. En fait pour qu’on les écoute, pour qu’elles adviennent, elles n’ont pas d’autres options que la démocratie et le renouveau de la pensée. Les Démocrates ont compris depuis longtemps que l’avènement d’une société nouvelle passe également et surtout par l’avènement des femmes dans la société.

 

Pour conclure, le Comité Nobel a récompensé cette année trois femmes africaines, révolutionnaires, engagées, actives… actives plus que jamais, leurs actions étant toujours en cours. En plus de vouloir défendre et promouvoir le rôle des femmes dans des sociétés supposées traditionnellement masculines, ils confirment l’idée naissante dans nos civilisations que la promotion de la démocratie est intimement liée à celle des femmes, et que l’avènement de l’un passe par l’avènement de l’autre. Si la société française n’est pas prête à avoir une femme présidente, en témoigne la différence de popularité dans les sondages entre Martine Aubry et François Hollande, les Démocrates, quelle que soit leur appartenance politique, y sont définitivement prêts.

 


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