Mercredi 2 décembre 2020

Poussée populiste aux Pays-Bas

Les élections législatives ont eu lieu le 9 juin dernier aux Pays-Bas suite à la chute du gouvernement de coalition « à l’allemande » (chrétiens-démocrates, travaillistes et chrétiens) à cause de l’engagement des Pays-Bas en Afghanistan et ont vu le parti du chef de gouvernement chrétien-démocrate laminé dans les urnes, un émiettement des suffrages et une grosse poussée de la droite populiste.

Nous avons demandé à Tanguy Le Breton, conseiller à l’Assemblée des Francais de l’Etranger pour les Pays-Bas, son commentaire.

 

Un système électoral mature et démocratique

 

Au lendemain des élections législatives aux Pays-Bas, la situation politique a sensiblement évolué. En premier point il convient de mentionner à nouveau la maturité politique du système électoral néerlandais qui permet de sélectionner des représentants du peuple de manière doublement démocratique : tout d’abord tous les partis en présence reçoivent un nombre de sièges proportionnel au nombre de votes exprimés (proportionnelle), ce qui permet aux petits partis d’obtenir des députés (Parti pour les animaux :2 ; écologistes 10, centristes progressistes 10, Parti chrétien : 5).

En outre, les électeurs votent en choisissant une (et une seule) personne dans une des listes de candidats, permettant des votes préférentiels qui outrepasse l’ordre propose dans la liste par le parti : ainsi un candidat placé en 15ème position peut être élue dans une liste obtenant 11 sièges s’il obtient plus de suffrages sur son nom que l’un des 11 premiers.

 

Glissement des suffrages à gauche, gouvernement de droite ?

 

Première constatation, le prochain gouvernement, de par l’émiettement des résultats devra former une coalition d’au moins 4 partis : la majorité est à 76 sièges sur 150. Le premier ministre devrait être issu du parti ayant obtenu plus de voix (Mark RUTTE, libéraux), alors que le centre de gravité s’est déplacé à gauche. Les chrétiens démocrates sont les grands perdants puisque le premier ministre BALKENENDE perd ces élections en n’obtenant que 21 sièges contre 41 en 2006. Le grand gagnant est le parti libéral (31 sièges) qui devra probablement composer avec le parti de droite populiste, de Geert WILDERS (photo), qui a fait campagne sur l’anti-islamisme, et qui fait une percée ( passant de 9 à 24 sièges) pour former un gouvernement de coalition avec les chrétiens-démocrates et un autre petit parti sur des objectifs économiques prioritaires (lutte contre les déficits) et de maitrise des flux migratoires.

Une autre possibilité est une grande coalition entre libéraux, travaillistes (30 députés), centristes et écologistes (10), alliance au programme politique plus incertain.

 

Paradoxalement, bien que l’électorat ait voté plus à gauche qu’en 2006, le gouvernement issu du scrutin sera lui plus à droite. Les libéraux ont du pain sur la planche.

De la composition du gouvernement dépendra la position du pays par rapport à l’Europe, mais il ne devrait pas y avoir de remise en cause.

 

Tanguy LE BRETON

Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger, représentant la communauté française des Pays-Bas

 

Mobile : +31 648912280

Email : t.lebreton@assemblee-afe.fr

Site internet : www.endirect-afe.fr


Ajouter un commentaire




*

Devenez Rédacteur !

L'actualité politique vous intéresse ?
Vous avez un scoop, un combat, un projet, une analyse à partager ?



Il sera publié dans les 24h

Newsletter

L'inscription à la Newsletter mensuelle vous permet de rejoindre le réseau Écologie Démocrate


Les flux