Samedi 27 mai 2017

Or noir : une production déjà sur le déclin ?

«Quand vous avez de plus en plus d’arbres et que, malgré cela, vos récoltes ne cessent de décroître, c’est d’ordinaire le signe que la terre n’est plus aussi généreuse qu’avant.» Ces mots, de Mathieu Auzanneau, la plume du blog Oil Man commentent les résultats détaillés du groupe Total : une production en baisse depuis huit années consécutives, bien que le géant pétrolier exploite toujours plus de puits. Si la production mondiale de pétrole, conventionnel comme non conventionnel, semble atteindre un plateau oscillant selon Oil Man, les cinq plus grandes compagnies pétrolières mondiales, dont Total, voient leur production annuelle décliner malgré de lourds investissements. S’agit-il des signes avant coureurs de grands bouleversements pour la production pétrolière? Mathieu Auzanneau poursuit son analyse.

«Le cumul de la production de brut des 5 principales compagnies pétrolières internationales (Exxon, BP, Shell, Chevron et Total) a atteint un maximum historique en 2004. Depuis, il a diminué de 25,8 %.

La production totale de brut des majors était de 10,760 millions de barils par jour (Mb/j) en 2004. Elle a atteint seulement 7,981 Mb/j en 2012. La baisse est de 2,779 Mb/j en 8 ans (- 1/4).

S’agit-il du clair signal avant-coureur d’un déclin prochain de la production mondiale d’or noir, phénomène prédit depuis 1998 par d’anciens responsables scientifiques de compagnies pétrolières, issus notamment du groupe français Total ?Les majors font toutes face à un déclin de leur production de brut amorcé par chacune avant 2007, en dépit d’un accroissement très massif de leurs efforts d’investissement, consentis à la faveur de la forte augmentation des cours du brut depuis la fin des années 2000. Total, par exemple, a vu sa production baisser de près de 20 % depuis 2007, alors même que le géant français dispose aujourd’hui d’au moins 40 % de puits d’extraction en plus ! La production de brut du groupe Total décline elle aussi depuis 2004.

Depuis 2004, le cumul des extractions des majors n’a augmenté qu’à une seule reprise, entre 2008 et 2009, de seulement 0,13 Mb/j seulement, malgré les chiffres d’affaires sans précédent engrangés au cours des dernières années. Les contrats dits de partage de production, qui allouent une part plus importante de la production aux pays hôtes lorsque le prix du baril augmente, ne semblent pas capables d’expliquer la baisse de la production des majors, très loin s’en faut.

La part de la production de brut des cinq majors dans la production mondiale totale est passée de 13,39 % en 2004 à 9,98 % en 2011. Cette part a encore diminué en 2012.

Entre 2004 et 2011, la production mondiale de brut s’est accrue de 4 %. Mais elle n’a plus guère augmenté après 2006 : elle est demeurée depuis sur un plateau ondulant à l’intérieur d’une faible marge, inférieure à 1,25 %.

Le fort déclin des extractions des majors a été compensé par les pays de l’Opep (+ 2,189 Mb/j), essentiellement l’Irak et l’Arabie Saoudite, et par les pays de l’ex-Union Soviétique (+ 2,131 Mb/j). Dans le reste du monde, là où les majors sont avant tout implantées et occupant souvent les positions clé, la production de pétrole (hors agrocarburants) a diminué de 1,104 Mb/j, toujours entre 2004 et 2011.

En 2012, la production mondiale paraît avoir sensiblement augmenté, en premier lieu grâce au boom des huiles de schistes aux Etats-Unis ; l’ensemble des données détaillées n’est pas encore disponibles (à suivre.)» Lire la suite sur Oil Man.

Crédit photo : Une usine produisant du pétrole en Alberta, à partir de sables bitumineux, LA PRESSE, Canada


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