Mercredi 2 décembre 2020

Nationalité francaise. Un débat, des perspectives.

Les débats nauséabonds sur la déchéance de la nationalité française soulevés par Nicolas Sarkozy ont laissé revenir dans le débat français la notion de nationalité allemande,

certains éditoriaux n’hésitant pas à nous ressortir leurs cours de Sciences Po sur Renan (la nationalité francaise comme « plebiscite de tous les jours ») et Fichte (nationalité « organique » issue de l’histoire, la culture et la langue).

Droit du sol français, droit du sang allemand ? Au-delà des chimères, la réalité

Tout travail sur la nationalité française commence par le fameux comparatif France-Allemagne.

On dit souvent que la France pratique le droit du sol : chaque personne y naissait est elle-même française. Cela n’exclut pas une vision organique de la nation, notamment pour nombre de français nés à l’Etranger d’au moins un parent français. L’Allemagne au droit du sang si strict (au point que des populations « allemandes » de Russie y ont immigré dans les années 90, avec une intégration très chaotique), ne pratiquerait-elle pas le droit du sol elle aussi ?

Il convient de se faire une idée du sujet à la lecture de l’article suivant : »Comment devenir allemand aujourd’hui ? »
La différence n’est plus aussi frappante qu’elle le fut et ne justifie en aucun cas les écarts verbaux du Président. Plutôt que se poser la question de la déchéance de la nationalité, ne conviendrait-il pas de se poser celle de l’acquisition ?

Quelles leçons pour la nationalité française ?
Il est normal de se poser la question du « respect du drapeau » par ses propres nationaux. Être français, ce sont des droits et aussi des devoirs. Mais ne sont-ce pas les politiques qui ont renoncé à l’application des devoirs pour se concentrer sur les droits ?

L’acquisition de la nationalité allemande par de nombreux étrangers ne leur fait pour autant devenir allemand de cœur. Mais ils savent pourquoi ils sont allemands et sont reconnaissants vis-à-vis de ce pays.

En France, plutôt que de parler de déchéance de nationalité, ce qui est anticonstitutionnel, populiste et témoigne d’un sentiment d’abattement de nos dirigeants, il serait préférable de regarder en amont. N’accorder la nationalité qu’à des personnes parlant français, vivant de leur travail, n’ayant jamais été condamnés et surtout respectant la constitution et la loi française comme principe supérieur à tout autre (et notamment à quelconque livre religieux) paraît dès lors indispensable. Dans ce cadre-là, l’acquisition de la nationalité française devient possible à la fin d’un processus visant à corroborer ce que disait Renan avec son plébiscite de tous les jours.

Une fois quelqu’un devenu français, la déchéance doit rester quasi-impossible. Les mouvements d’épaule du Président sont dès lors inacceptables, surtout qu’à aucun moment il n’évoque la question de l’acquisition de la nationalité. En agissant ainsi, il laisse croire que les naturalisés sont tous de moins bons Français que les autres. Rien n’est aussi faux que cette accusation.

Trop nombreux sont les étrangers en France ou les Français naturalisés qui sont victimes de l’amalgame fait entre eux et une minorité qui ne souhaite pas apprendre la notion de respect. C’est pour eux que le droit français doit pouvoir évoluer.

 


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