Jeudi 21 octobre 2021

L’été des partis politiques

Avant chaque rentrée politique, tous les partis qui souhaitent peser et faire entendre leur musique se risquent avec plus ou moins de succès aux rassemblements et autres universités. Manoeuvres, petites phrases, projets à construire…

c’est là que se joue la première scène d’une année croustillante pour l’ensemble des mouvements. Tour d’horizon de ce qui s’est fait en France cet été.

 

 

Les Verts se préparent pour 2012

Les médias n’en ont retenu que ça. Le grand public aussi : Eva Joly peut-elle être la candidate d’un rassemblement écologiste en 2012 ? Alors que la question de la structure même du mouvement auraient pu tenir tout le monde en haleine, seule s’est imposée l’hypothèse de la candidature de l’ex-juge d’instruction reconvertie en député européen. Un petit tacle de Dany vers ses collègues des Verts en passant mais décidément rien n’y a fait… toujours Eva, Eva et sa sortie mitigée sur les centrales nucléaires, Eva et ses poses amicales avec Cécile Duflot, Eva soutenue par Bové. En choisissant Nantes, ville socialiste par excellence, comme lieu de rassemblement, Europe Ecologie et les Verts auraient pu jouer des coudes pour expliquer qu’ils veulent proposer autre chose que le PS, qu’ils ne seront pas à leurs bottes pour les législatives, qu’au-delà du choix d’un candidat le projet était à écrire… Oublié le débat avec Rama Yade qui aurait pu animer ce grand week-end. Les Verts ont tout de même voulu s’ouvrir aux autres mais en ne regardant qu’à gauche oubliant que les compagnons d’Europe Ecologie n’étaient pas tous dans cette optique. Des Universités comme un premier round avant les Assises de l’Ecologie à Lyon en novembre prochain.

 

 

Le PS voit la vie comme il veut à La Rochelle

 

L’union. C’était le mot d’ordre donné aux grands pontes socialistes pour sourire sur la photo depuis la région de Ségolène Royal. Une réunion réussie selon les observateurs et les militants qui n’avaient plus senti ce goût d’aller chercher une victoire aux prochaines élections depuis bien longtemps. Bien sûr les Primaires ont été au centre des débats mais Martine Aubry, dans un long discours d’une rare intensité, aura réussi ce pari de mettre le PS sur les rails du parti de l’alternance. On les attendait sur les retraites et la sécurité… ils ont répondu présents avec plus ou moins de brio. Pas de crise d’égo médiatique, peu de tacles visibles, tout le monde cité à la tribune par la première secrétaire. Un PS uni comme ils le voulaient… du moins sur la photo. Reste toujours ce point de méthode mis en avant par certains : pourquoi s’obstiner à écrire un projet quand aucun candidat n’est choisi ? En attendant DSK, grand absent du week-end, «la vie qu’on veut» (titre de ces universités socialistes) du PS a donné de l’air à une gauche qui en avait bien besoin.

 

 

L’UMP… un petit tour pour un petit rien

 

Englués dans les affaires, au plus bas dans les sondages, à contre-courant des préoccupations de leurs électeurs, les énarques UMP avaient choisi de faire simple pour sonner la fin de la récré : réunion à Port-Marly dans les Yvelines et tout le monde au garde à vous. Malheureusement les têtes ont dépassé et ce qui devait être un rassemblement pour recentrer le débat et faire renaître les valeurs de la droite s’est transformé en référendum sur Xavier Bertrand. Taillage de costume en règle, pique salée devant les journalistes, polémique sur les expulsions de roms… Tout le monde y est allé de son petit refrain pour expliquer que Bertrand ne faisait rien et qu’il valait mieux y mettre Jean-François Copé. Une seule chose à retenir du bal musette du Mouvement Populaire : la pagaille est là et le jeu des chaises musicales ne fait que commencer.

 

 

Chez les autres…

 

Parti radical valoisien, Nouveau Centre, Alliance Centriste, Alliance Ecologiste… les plus petits avaient choisi de faire l’union pour leurs universités. Une union chacun de son côté. Un mélange des genres où tout le monde s’est invité séparément dans un grand concert vantant les mérites d’un arc écolo-démocrate-indépendant. Jean-Louis Borloo, Hervé Morin, Jean Arthuis, Antoine Waechter et Jean-Marc Governatori (qui ont demandé Hulot à la rescousse pour représenter les écolos en 2012)… tous ont voulu affirmer leur identité en réunissants les troupes en présence. Un tour d’horizon pour dire qu’il faudra compter sur eux pour les prochaines Présidentielles… à droite, au centre et à gauche. Et si finalement, c’était eux qui jouaient le rôle d’arbitres de l’union ?

 

 

Absents non excusés : le MoDem… François Bayrou n’a pas dû bien regarder le calendrier cette année.


Ajouter un commentaire




*

Devenez Rédacteur !

L'actualité politique vous intéresse ?
Vous avez un scoop, un combat, un projet, une analyse à partager ?



Il sera publié dans les 24h

Newsletter

L'inscription à la Newsletter mensuelle vous permet de rejoindre le réseau Écologie Démocrate


Les flux