Jeudi 27 avril 2017

Les avatars de la droite américaine… et française

La campagne des primaires républicaines touche à sa fin. Au-delà de l’importance de la future politique américaine étrangère sur le reste du monde, les similitudes et coincidences de cette campagne avec la campagne française méritent qu’on s’y intéresse.

Même si les jeux ne sont pas encore faits, Mitt Romney ne lâche plus la pole position depuis l’abandon de son principal concurrent Rick Santorum. Obama pourrait avoir à affronter l’aile modérée des républicains en la personne de Romney.

Des primaires réactionnaires attisant les peurs et les clivages… et des candidats atypiques

A l’occasion de ces primaires, la communication des candidats s’est recentrées sur ses fondamentaux. Ainsi les directeurs de communication des candidats assument leurs emprunts sur la forme et le fond aux campagnes de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Le story telling est commun : dans une logique de forteresse assiégée, les candidats sont les défenseurs des vertus de la liberté d’entreprendre. Ils sont les combattants de l’influence de l’Etat Fédéral qui se serait dangereusement accrue avec Obama et la mise en place de la protection médicale universelle, par exemple.

Parmi les trois derniers candidats sérieux encore en course Newt Gingrich, par son passé de conseiller de Reagan serait le plus proche de cette vision. Mais l’homme est complexe. Après avoir été le Speaker de la chambre des représentants pendant plusieurs années, il s’est retrouvé isolé a sein de son parti au point de quitter pratiquement la vie politique. Et s’il est revenu aujourd’hui, c’est pour se positionner en faveur de la légalisation immédiate de tous les clandestins. Mitt Romney n’est pas moins atypique. L’homme est archevêque parmi « les Saints des Derniers Jours », autrement dit les Mormons. Il se dit en faveur de l’avortement, il a fondé dans son état, en tant que gouverneur, une protection médicale universelle peu coûteuse pour ses concitoyens. Enfin, il positionne sa campagne sur ses qualités de gestionnaire à la tête d’un fond d’investissement puissant. Le plus centriste des candidats est largement soutenu par le lobby Mormon ce qui lui permet de profiter des puissantes ressources financières de cette communauté. Mais la base des électeurs républicains le regarde avec suspicion, les Américains ayant des relations complexes avec la communauté des Mormons.

Gingrich et Romney semblent analyser qu’ils leur faut concilier deux extrêmes, à savoir une base électorale républicaine se sentant atteinte par la crise et une Amérique devenue centriste après la fin du mandat de Bush et l’arrivée d’Obama.

Enfin, le désormais ancien candidat, Rick Santorum est un pur, un dur, un faucon. Il est contre l’avortement, contre la protection médicale universelle, il n’hésite pas à rappeler qu’Obama a décidé des coupes franches dans la défense (500 milliards en dix ans ) et joue sur la peur de l’invasion. Globalement il fonde son influence sur la frange la plus dure des Républicains, supposée suffisante pour une élection car complètement mobilisable. Si Santorum avait été investi, Barack Obama gagnait systématiquement.

Barack Obama déjà vainqueur ?

Même dans une lutte face à Romney,  beaucoup de sondages prédisent une victoire d’Obama. La présidentielle américaine serait déjà jouée. A Washington, les Républicains préparent déjà les élections à mi mandat, voir les primaires suivantes. Sarah Pallin n’a même pas souhaité entrer en lice.

Le bilan d’Obama joue en sa faveur. Son vrai point faible, son action économique, est allégé grâce aux interventions massive de l’État fédéral qui ont restructuré l’industrie automobile et les circuits banquaires. L’économie américaine crée à nouveau des emplois en masse, elle a réussi le double pari, qui semble impossible en France, de réaliser des gains de productivité, tout en conquérant de nouveaux marchés. Sur le plan de la politique étrangère, il a séduit l’électorat dur car il est le président qui a trouvé Ben Laden, il a séduit l’ensemble des parents de l’Amérique profonde en rapatriant leur enfants engagés en Irak. Comme promis, il a mis en place la protection médicale universelle et fédérale. Il n’a pas tenu toutes ses promesses, ses plus fidèles supporters sont déçus. Il lui reste, cependant, l’éternel drame israelo-palestinien sur son bureau.

Obama peut légitimement avoir le sourire, il est l’un des seul leader occidentaux à avoir un bilan présentable. Les primaires républicaines sont tellement dures et conflictuelles, que beaucoup d’observateurs politiques, y compris républicains, prédisent qu’il sera impossible de  recomposer, de rassembler la famille républicaine en vue d’affronter Obama.

Les droites américaine et française

On retrouve en France, également, l’éclatement de la droite en deux pôles divergents, d’une part le pôle dur et nationaliste avec le FN et les députés UMP de la Droite Populaire et une aile centriste plus silencieuse avec les Radicaux, les centristes de l’UMP, Villepin… et Bayrou, si celui-ci est au centre droit. En France aussi une implosion du pôle de droite détenu par l’UMP est envisageable après la séquence présidentielle et législative. Comme aux États-Unis, la droite française, serait en passe de perdre la prochaine élection. Comme aux États-Unis, il est question de cacher un bilan, ou une absence de bilan, par un discours réactionnaire jouant sur les peurs. Comme aux États-Unis, il s’agit d’accompagner le pays et son peuple dans une transition sociétale.

 

CRÉDIT PHOTO : REUTERS

 



1 Commentaire

  1. Comments  Christelle de Crémiers   |  Jeudi 19 juillet 2012 à 21 h 16 min

    Pourquoi la campagne américaine est-elle passée sous silence ?

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