Samedi 19 octobre 2019

L’avenir sera chaud

On sait déjà beaucoup, en tout cas suffisamment, pour comprendre que la réponse est attendue à présent non plus de la part des scientifiques, mais de la part des politiques. Tout s’accélère : Le meilleur scenario GIEC 2013 correspond au pire scenario du GIEC 2009 (+2° de réchauffement en 2100).

Les chiffres-clés du climat en France et dans le monde sont clairement publiés par le Ministère du Développement Durable, qu’il est toujours conseillé de consulter.

Le cinquième rapport scientifique du GIEC publié le 27 septembre 2013 confirme le réchauffement climatique de la planète dû à l’activité humaine. Il affirme (à 95 % selon le président du GIEC, Rajendra Pachauri) que l’origine du réchauffement est l’émission trop élevée de gaz à effet de serre par l’activité humaine. Il dresse quatre scenari à l’horizon 2100.  Au-delà de 2° de réchauffement, la Banque mondiale, qui n’est pourtant pas pas un repère d’écologistes décroissantistes, qualifie les conséquences d’un réchauffement au-delà de 2° de « cataclysmiques« .

Le bouleversement de l’éco-système terrestre en oeuvre actuellement aura des conséquences incalculables au premier sens du terme, puisque même l’extinction de l’espèce humaine, comme les dizaines de milliers d’espèces végétales et animales qui ont déjà disparu irréversiblement dans les dernières 50 années, est envisagée. Citons seulement les conséquences les plus certaines sur l’agriculture, chacune étant cumulative avec les autres :

- l’agriculture intensive et industrielle mise en oeuvre depuis 50 ans dépend très étroitement du pétrole et sera donc affectée en premier lieu lors des fluctuations inévitables à venir : le prix de la nourriture est indexé sur celui du pétrole…
- la montée des eaux réduira la surface habitable des continents, et donc la surface arable, tenant compte du fait que quatre humains sur cinq habitent au bord de la mer et devront émigrer
- la montée des eaux de mer auront aussi pour conséquence la salinisation de la terre et des sources d’eau douce. L’agriculture intensive est déjà venue à bout, en quelques dizaines d’années, de nappes phréatiques qui ont mis des centaines de milliers d’années à se former. Avec la salinisation due au réchauffement, ce qui reste des sources sera détruit
- les espèces végétales, y compris celle du blé, mutée par les ingénieurs agronomes de la fin du XXe, ne supporteront pas les nouvelles températures. Le rapporteur spécial auprès de l’ONU sur l’agriculture, le très courageux Olivier De Schutter, estime, toutes choses égales par ailleurs, que la production à l’hectare des céréales diminuera d’un tiers par rapport aux volumes actuels
- les désordres climatiques (absence de saisons, pluies violentes et chaotiques…) affecteront les rythmes de l’agriculture et pourront annuler des cultures entières
- le pillage des fonds des océans au rythme actuel entraînera l’extinction de la faune marine à l’horizon 2060, générant en cascade sur toute la chaîne de l’éco système terrestre des bouleversements irréversibles

Pourtant, 35 % des Français seraient toujours climato-sceptiques ! Les climato-sceptiques, c’est-à-dire, les personnes pour qui le réchauffement n’est pas réel ou pour lesquelles il n’est pas du à l’activité humaine, sont surtout représentés chez les personnes sans diplôme (53 %), et les 70 ans et plus (48 %). À noter que «les partisans du nucléaire se recrutent surtout chez les climato-sceptiques», selon le Baromètre d’opinion sur l’énergie et le climat en août 2013 publié par le Commissariat général au développement durable (CGDD). Il n’y aurait donc moins de climato-scpetiques chez les dirigeants des entreprises et les politiques… mais alors que font-ils ?

Le gouvernement chinois a beaucoup évolué, sous la pression populaire, depuis 2009. La fermeture de mines de charbon autour de Pékin est décidée avant même leur épuisement. Le gouvernement américain, débouté par le Congrès en 2009, est revenu à l’attaque cet été : « Nous savons que nous devons faire plus et nous ferons plus. » a déclaré Barack Obama dans la capitale allemande le 19 juin 2013. Cela laisse augurer un nouveau « pacte » mondial lors du prochain sommet de la Terre à Paris – ironiquement sur l’aéroport du Bourget – en novembre 2015, après ce qu’il convient de qualifier d’échec à Copenhague en janvier 2009. Quant à l’Europe, elle fait figure de leader en matière d’exemplarité environnementale…… mais malheureusement, les sincères volontés des ONG et des citoyens européens sont loin d’être mises en oeuvre. Sur le papier, la quantité de pétrole consommée par habitant européen stagne, voire diminue depuis une trentaine d’années. Mais dans la réalité, c’est simplement une délocalisation vers les pays à faible coût de main d’oeuvre. Ainsi, 23 % des émissions totales de gaz à effet de serre de la Chine sont entièrement dédiées à la consommation européenne. Les dirigeants des entreprises européennes font ainsi coup double : ils permettent à l’UE de tenir ses engagements internationaux en émission de GES et ils augmentent leurs bénéfices. Mais la duperie ne sera pas durable.


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