Jeudi 21 octobre 2021

La dette grecque

A plus d’un titre la crise que vit actuellement la Grèce est édifiante. D’une part elle met à jour les faiblesses de l’Europe, de l’autre elle rappelle le danger d’une dette trop grande pour les états en général, la France en particulier.
Un révélateur des faiblesses européennes
Sur le plan des politiques financières européennes deux approches cohabitent, celle de l’Allemagne faite de rigueur et d’équilibre budgétaire, celle des états du Sud, dont la France, qui laissent filer la dette comme moyen de redynamiser leurs économies. Ces conceptions s’opposent clairement, en atteste le temps que prend l’Allemagne pour valider son plan d’aide à la Grèce, le peu de responsabilité des décideurs des « états latins » qui ne veulent voir dans la dette qu’une façon de soulager leur problèmes intérieurs, immédiats, oubliant leur devoirs devant les autres états européens. La solidarité économique européenne n’est qu’un leurre. Dans ce contexte, les peuples peuvent légitimement craindre pour leur avenir. Les économies irlandaises, portugaises, espagnole étant identifiées comme fragilisées, les spéculateurs attendent déjà la curée. Si cette situation s’avère, c’est toute l’Europe qui peut vaciller.

Un danger pour la Grèce.
Concernant la Grèce, elle a lancé un plan de réduction des salaires des fonctionnaires (jusqu’à 30% pour certaines catégories), des retraites, une chasse de la fraude fiscale (sport national il est vrai) et du travail au noir. Même si certaines de ces mesures sont justifiées, il n’en demeure pas moins que la Grèce n’en est qu’à sa première déflagration, la crise ne s’est pas encore propagée à la majorité de la population. Les fonctionnaires étant nombreux, une chute drastique de leur pouvoir d’achat ne peut qu’handicaper de manière importante la consommation intérieure du pays et par extension le PNB. A la suite, plus aucun investissement n’est possible et une crise sociale grave ne manquera pas de s’installer. Avec l’existence d’une droite extrême et nationaliste encore présente dans tous les secteurs de la société civile grecque et l’existence de groupes d’extrême gauche pour le moins actifs, le gouvernement actuel n’a que peu de marges de manœuvre. Il ne pourra peut-être pas empêcher une explosion sociale, totale, violente, laquelle pourrait faire tâche d’huile…

Un questionnement pour la France
La dette grecque est de 300 milliards d’euros pour un peu plus de douze millions d’habitants. Celle de la France est de plus de 1200 milliards d’euros pour un peu plus de 60 millions. Ces deux ratios sont du même ordre de grandeur. Même si l’économie française est malgré tout, et de loin, plus dynamique que l’économie grecque, les similitudes sont trop importantes ( niches fiscales permettant à certains d’échapper à l’impôt, administration d’état pléthorique, clientélisme outrancier,…) pour ne pas faire froid dans le dos. Le gouvernement UMP laisse filer la dette sans trop d’état d’âme ( pour rappel le gouvernement grec précédent était de droite… ), les socialistes sont peu revendicatifs sur le sujet ( voir leur positions sur la relance par la consommation ), les démocrates eux, tirent l’alarme depuis longtemps et osent ce discours responsable au peuple français, qui est d’affirmer qu’un effort important lui sera demandé pour remonter cette pente, mais il a du mal à ce faire entendre.

Pour finir le sujet de la crise grecque est loin d’être clos. S’il fallait le rappeler encore, il concerne toute l’Europe. Il rappelle étrangement la crise financière dite des sub-primes où des organismes parce qu’ils vivent durablement au-dessus de leurs moyens finissent par imploser, entraînant dans leur sillage d’autres organismes qui ne s’y attendaient pas. Encore une fois, les seuls mouvements politiques français à tirer l’alarme aujourd’hui pour la France sont les mouvements démocrates. La question est, ont-ils raison de le faire ? Si oui, le compte-à-rebours a-t’il commencé ?

 


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