Samedi 24 juin 2017

Illusion financière

Y a-t-il d’autres issues que la généralisation des plans d’austérité budgétaire, le paiement des dettes bancaires par les contribuables et la déflation ? Gaël GIRAUD montre qu’à l’origine de la crise économique mondiale qui perdure encore aujourd’hui, il y a une bulle spéculative immobilière. Et il rappelle une vérité toute simple : le propre d’une bulle est de crever.

Les raisons de la crise qui a provoqué plus de cent millions de chômeurs en une année n’est pas à chercher du côté des éléments qui ont provoqué l’explosion de la bulle comme l’augmentation des taux, la baisse des prix et autres mécanismes « anodins » de l’économie de marché, mais bien du côté des facteurs qui ont permis à la bulle d’exister.

On découvre alors que la législation américaine, copiée dans toutes les économies, a permis la formation de la bulle, mais aussi l’expansion éclair de son explosion dans l’ensemble des économies du monde.

À partir de ce fait concret, l’auteur aborde le sujet de son ouvrage : montrer que le système financier repose sur du vent. Les marchés financiers, qui ne sont jamais dans la situation idéale de la théorie néoclassique (équilibrés, complets et dont les agents sont parfaitement informés), sont inefficaces, les prix des titres relevant davantage du phénomène moutonnier et des taches solaires, que du très théorique équilibre entre l’offre et la demande.

Après les marchés financiers, l’auteur s’attaque aux Banques « too big to fail » qui constituent la clé de la double noyade qui devrait entraîner l’ensemble du système financier vers l’instabilité chronique. Double noyade : celles des Etats qui croulent sous les intérêts imposés par les capitaux privés auprès de qui ils sont obligés exclusivement d’emprunter, et celles des banques qui s’endettent à travers des spéculations foireuses. Ainsi, la dette de l’Etat espagnol a été multipliée par 4 en un an à la suite de la bulle immobilière de 2010.

La première proposition de l’auteur est donc celle de la séparation des activités de marché des activités de crédit de toutes les banques, lesquelles seraient sous contrôle de la banque centrale, car exclusivement financées par la liquidité que cette dernière émet. Quant à la Banque centrale européenne, elle devrait être sous tutelle des parlements, nationaux et européen.

Si Gaël Giraud a choisi de s’attaquer à l’illusion financière, c’est que le danger, le vrai, est celui du dérèglement climatique, de la perte de biodiversité et de la crise écologique en général, avec la contrainte énergétique en toile de fond. Or l’illusion financière rend aveugles et sourds tous les décideurs économiques et politiques de la planète. L’impasse dans laquelle les marchés financiers enferment l’économie européenne va jusqu’à remettre en cause les institutions mêmes du vivre-ensemble européen…

Y a-t-il d’autres issues que la généralisation des plans d’austérité budgétaire, le paiement des dettes bancaires par les contribuables et la déflation ? L’auteur propose de considérer comme des biens communs la liquidité et le crédit, de façon à financer l’indispensable transition écologique qui deviendrait alors le paradigme d’un nouveau projet de société.

Illusion financière, par Gaël Giraud
Ed. de l’Atelier, Nouvelle édition 2013

Gaël Giraud 


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