Dimanche 28 novembre 2021

Désastre en eaux profondes

Le 20 avril dernier au large de la Louisiane, la plateforme pétrolière off shore Deepwater Horizon explosait, faisant onze morts. Depuis, le pétrole s’échappe directement à partir d’une conduite qui repose sur les fonds marins, à un kilomètre et demi sous la surface de l’océan. Une marée noire en eaux profondes donc,

bien différente de celles que nous connaissons et qui commence à dérouter scientifiques et experts.

 

Telle la partie émergée de l’iceberg, la gigantesque nappe de pétrole que l’on observe à la surface de l’eau pourrait n’être qu’une petite partie du volume de brut qui s’échappe du forage. Ceci expliquerait sans doute l’énorme écart qui existe entre certaines estimations indépendantes qui font état d’une fuite de 25 000 à 70 000 barils jour et l’estimation officielle de 5000 barils jour, établie sur des données fournies par BP et basée sur une observation visuelle de la nappe en surface. Des chercheurs, embarqués à bord du navire Pelican pour étudier la marée noire, viennent en effet de découvrir  d’immenses nappes de gouttelettes de pétrole en suspension, s’étendant pour certaines sur plus d’une quinzaine de kilomètres de long et dérivant en grande profondeur, à différents niveaux de la colonne d’eau.

 

Le devenir de ces nappes de grande profondeur, dont nul ne sait si elles remonteront un jour à la surface, fait craindre qu’aux effets dévastateurs de la marée noire qui atteint déjà les bayous de Louisiane et sans doute bientôt les côtes de Floride, ne s’ajoute, à plus longue échéance un autre désastre écologique dans les profondeurs du Golfe du Mexique: des zones mortes, faute d’oxygénation suffisante.

 

Tony Hayward, le directeur général de British Petroleum, exploitant du forage disait il y a peu que la catastrophe n’arrêterait pas l’industrie pétrolière, tant la pression des besoins mondiaux en pétrole est forte. Ce désastre pétrolier, d’une gravité sans précédent, met cependant directement en cause l’exploitation qui est faite des puits de forage off shore de grande profondeur, très convoités à mesure que les ressources en pétrole diminuent: le citoyen américain découvre ainsi dans la presse la coupable indulgence du Minerals Mangement Service (MMS) envers les compagnies pétrolières que cet organisme fédéral est pourtant chargé de contrôler.

 

Crédit photo: uscglantarea (Us Coast Guards Atlantic Area)

 

Pour aller plus loin:

Le Monde (19 mai 2010)  Etats-Unis: révélations sur l’explosion à l’origine de la marée noire.

Le Monde (18 mai 2010) Marée noire: le laxisme de BP et des autorités américaines.

rue 89 Marée noire: « le Tchernobyl de l’industrie pétrolière ». (lnterview du biologiste Rick Steiner)

Magazine économique Bilan (19 mai 2010):  comment les Boss de BP ont perdu pied.

New York Times (16 mai 2010):  Giant Plumes of Oil Forming Under the Gulf.

Newscientist (18 mai 2010):  why deepwater oil spills do their damage deep down.

 

 


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