Vendredi 23 août 2019

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Pétrole: et la chine pompait, pompait…

L’année dernière, l’Agence Internationnale de l’Énergie révèlait que la Chine était devenue première consommatrice d’énergie, charbon, pétrole et gaz confondus, devant les États-Unis; au total, la consommation d’énergie en Chine a doublé en dix ans et ses importations de pétrole en cinq ans.

Ce renversement est historique puisque jusque là, les États-Unis occupaient la première place du classement, depuis le début du vingtième siècle. Il ne fait cependant qu’annoncer une autre boulversement: la Chine serait en passe de devenir cette année, le premier consommateur de pétrole de la planète, devant les États-Unis. La croissance économique chinoise, de l’ordre de 9% de points de PIB chaque année, qui permet au régime communiste chinois de se maintenir malgré de nombreuses révoltes est à ce prix.

Premier émettrice de gaz à effet de serre depuis 2007, notamment du fait de sa consommation croissante de charbon, la Chine a mené des projets titanesques d’investissement dans les énergies renouvelables, notamment éolien… sans pour autant remettre en cause son modèle de développement productiviste, calqué sur le modèle occidental d’après guerre. Pourtant, les ressources de la planète n’y suffiront pas.

La dépendance croissante de la Chine au pétrole, à la fois source d’énergie et matière première de base pour l’industrie chimique, fait frémir. Il n’est désormais plus contesté que le pic de Hubbert pour le pétrole ait été franchi entre 2006 et 2009, et qu’après une stagnation en plateau, la production mondiale entamera assez vite une phase de baisse régulière de 2% à 3% par an. Quelles en seront les conséquences, alors que la demande chinoise en pétrole s’affole?

Résistance aux herbicides : l’Agent Orange avenir du Round Up?

Des chercheurs de l’université de Missouri, en partenariat avec le laboratoire d’agroscience de Dow Chemical, ont découvert deux nouvelles enzymes bactérienes AAD-1 et AAD-12 qui insérées dans le génôme d’un plan de soja ou de maïs lui confère une résistance à l’herbicide 2,4-D. Le 2,4-D est l’un des deux herbicides composant le tristement célèbre Agent Orange, utilisé par l’armée américaine pendant la guerre du Viet Nam, et que produisait à l’époque justement … Dow Chemical et Monsanto. Le Round up et les OGM Round Up Ready de Monsanto auraient-ils déjà fait leur temps?

Conséquence désastreuse, mais prévisible, de l’utilisation extensive depuis une quinzaine de semences OGM Round Up ready aux États-Unis, plusieurs espèces de « mauvaises herbes » ont développé une résistance au glyphosate, commercialisé sous la marque Round Up par le groupe agro-chimique et de semences Monsanto. Ainsi, les surfaces agricoles de six États, Géorgie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Arkansas, Tenessee et Missouri, sont déjà touchées.

Lorsqu’une plante sauvage aussi commune que l’Amarate de Palmer, mute au point de copier jusqu’à 160 fois dans chacune de ses cellules, le gène responsable de la production de l’enzyme ciblée par le glyphosate, les champs se trouvent envahis d’une plante pouvant atteindre 2 mètres 40, insensible au Round Up. Les engins agricoles se brisent sur ces plants d’Amarante, obligeant les agriculteurs à abandonner leurs terres ou bien à recourir à une main d’ouvre agricole nombreuse que bio-technologie et chimie avait pourtant fait disparaitre. Les surcoûts sont d’ailleurs tels que nombre d’agriculteurs de ces États auraient renoncé à la culture des OGM ou songeraient à le faire.

L’utilisation des OGM Round Up ready, les OGM les plus commercialisés dans le monde, pourraient ainsi se trouver remise en question. Une situation extrèmement problématique pour Monsanto, qui conseille déjà aux agriculteurs de melanger le Round Up à de l’Atrazine ou du 2,4-D, deux perturbateurs endocriniens, de surcroît cancérigènes…tout comme le glyphosate d’ailleurs. Le premier, l’atrazine, est désormais interdit dans l’Union Européenne alors que le second, le 2,4-D est interdit dans certains pays comme la Norvège ou la Suède pour prévenir les risques de cancer, troubles du système reproductif et d’affaiblissement mental.

(Tela Botanica, février 2010)

Les super mauvaises herbes menacent la patrie de Monsanto (France 24)

A new way to control « superweed » : two bacterial enzymes confer resistance to common herbicid (Science Daily, février 2011)

Profil toxicologique du 2,4-D et risques à la santé de son utilisation en milieu urbain (Institut national de Santé du Québec)

« Je ne mange plus de thon rouge »

Pour maintenir leur chiffre d’affaires, les industriels de la pêche ont réussi à reconduire les mêmes quantités autorisées en 2011 qu’en 2010. Mais quel est le sens de quantités autorisées » lorsqu’il n’y a plus de thon ? A ce rythme

Football et fierté nationale

A l’heure où l’équipe de France a été quasiment éliminée de la coupe du monde, il serait trop facile de tirer sur l’ambulance; de se réjouir, avec tous ceux qui subissent en silence la frénésie footballistique, de pouvoir enfin reprendre une vie normale; de parler d’opium du peuple, de pains et de jeux, de smicards qui applaudissent des millionnaires, bref de tous ces arguments qui ont déjà été développés à l’envi, souvent avec raison, parfois avec excès, par les antis-foot de tous poils. Concèdons ceci à Jean-Claude Michéa, qui (re)publie « Les Intellectuels, le Peuple et le Ballon rond »: ne tombons pas dans l’intellectualisme arrogant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain; réduire le sport populaire qu’est le foot à sa corruption par le capitalisme, c’est comme réduire l’acte sexuel à la prostitution. Le football n’est pas intrinsèquement nuisible à l’intelligence; en tant que sport d’équipe populaire et universel, il en vaut bien un autre, et véhicule des valeurs sportives plutôt saines; valeurs qui ont été hélàs en partie dévoyées par celles de l’argent – le foot est passé de peuple à people. Tout cela est connu et plutôt consensuel. N’y revenons pas.
En revanche, on peut se poser les questions suivantes: pourquoi et comment ce qui n’est somme toute qu’un jeu, a débordé de son cadre naturel pour occuper toutes les sphères de la société ? Est-il sain qu’il soit devenu un enjeu politique, économique, sociétal et même diplomatique de tout premier plan ? Pourquoi aucun homme politique, à quelques exceptions près, n’ose-t-il avouer qu’il n’aime pas le foot, comme si un tel aveu équivalait à un suicide politique ?
Pour prendre la (dé)mesure de l’ampleur du phénomène, il fallait voir, sur Canal+ dimanche 19 juin, trois ministres de la République, Roselyne Bachelot, Eric Woerth et Eric Besson, en maillot bleu, regardant le match France-uruguay, se livrer, devant les caméras, à un jeu d’acteurs à laisser pantoi, même pour des politiques: hurlements, râles, serrements de poings, soupirs, froncements de sourcils, notation des prestations des joueurs, rien n’y manquait. C’est bien simple: on a l’impression d’une guerre mondiale, sans alliés, chacun pour soi. Le vocabulaire guerrier est d’ailleurs omniprésent dans le monde footballistique: En 1998, la liesse populaire a été décrite comme « comparable à la libération de Paris en 1944″, excusez du peu; quiconque est soupçonné de tiédeur est qualifié, sans acune trace d’humour, de « traître », d’ »antipatriote », de « renégat ». On entend des réflexions stratégiques dont la profondeur laisse songeur: « Les Allemands, ils nous ont eu en 1870, en 1914, et en 1939, mais en 2010… ». A voir la tête de certains supporters un soir de défaite, on se demande si leur pays a été bombardé, ou juste occupé par une junte militaire. Le 18 juin, sur les Champs-Elysées, après le match Algérie-Angleterre, une jeune femme, drapée dans le drapeau algérien, entendant la voix enregistrée du général de Gaulle, déclarer « Vive la France ! », se met à hurler: « Non, vive l’Algérie ! ». Les Champs sont en état de siège. Une armée de CRS, l’air soucieux, veille: on se sait jamais, des fois que le sport universel et si pacifique ne tourne à l’émeute…
On l’a dit, il n’est pas juste de réduire le football à sa corruption capitaliste; qu’on nous accorde alors ceci: il n’est pas plus juste de réduire le patriotisme au football. Car cette réduction nous renvoie, par un effet miroir, à notre appauvrissement culturel. N’avons-nous pas d’autres raisons, un peu plus profondes, d’être fiers de notre pays, que le résultat d’une course effrénée de 22 joueurs courant après un ballon en 90 minutes ? Tire-t-on donc la chasse sur vingt siècles d’Histoire, de littérature, de philosophie ou de musique ? La France n’est-elle pas grande, simplement parce qu’elle est la France ?
Il est vrai qu’hélàs, l’actualité nous donne peu l’occasion d’être fiers de notre pays (ni de notre continent d’ailleurs) sur la scène internationale; que la mondialisation gomme les cultures. Qu’en dehors du parler global, le foot est devenu le seul langage universel. Dans un monde sans perspective ni espoir, aux inégalités croissantes, le foot est tout ce qu’il reste au peuple.

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Il sera publié dans les 24h

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