Vendredi 23 août 2019

Feu vert à l’orange

La taxe financière de Nicolas Sarkozy

L’intégration économique et financière de l’Europe peut faire songer à l’Arlésienne de Bizet : on parle souvent beaucoup d’elle, elle se laisse généralement désirer, mais on ne la voit jamais venir.
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Le nucléaire toujours plus cher…

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Bisphénol A: un scandale et des questions

Révélé avec grande difficulté par des chercheurs universitaires, unanimes, le scandale du bisphénol A remet en cause nos autorités sanitaires.

L’année dernière, l’Europe, malgré la position de l’agence européenne de sécurité des aliments, l’EFSA, suivait le Canada et interdisait l’usage du bisphénol A dans les biberons. Au printemps dernier, l’Assemblée Nationale allait encore plus loin et votait en première lecture l’interdiction de fabrication et la vente de contenants alimentaires contenant du bisphénol A ou des phtalates, avec effet dès 2013…Car le bisphénol A, un composant abondamment utilisé dans les matières plastiques, s’échappe en très petite des biberons et récipents en plastique qui en contiennent, pour contaminer à très faible dose les aliments…Or, le bisphénol A, que l’on retrouverait dans le sang de 95% des français est un perturbateur endocrinien qui se comporte comme les hormones féminines oestrogènes; son action toxique sur le système hormonal pourrait expliquer en partie de l’augmentation inquiétante de l’obésité, du diabète, de troubles de la fertilités masculine et de troubles du comportement tels que l’hyperactivité, que l’on observe dans la population occidentale.

Le paradoxe des poisons…
Pour parvenir à ce vote, surprenant par son audace, les députés français se sont basés sur les très nombreuses études universitaires internationnales qui ont peu à peu mis au jour, depuis les années 90, la toxicité à très faible dose de perturbateurs endocriniens, tels que le bisphénol A, les phtalates ou certaines molécules employées comme pesticide dans l’agriculture. Ces études qui font consensus depuis une dizaine d’années dans le milieu académique, font voler en éclat le principe de toxicologie classique de Paracelse, médecin suisse de la Renaissance, « la dose fait le poison ». Les perturbateurs endocriniens ont révélé des effets toxiques très forts à très faibles doses, qui paradoxalement peuvent diminuer voir disparaître à plus forte dose pour laisser place à d’autre type d’effets à forte dose. L’idée même d’une dose seuil, en dessous de laquelle ces substances n’auraient pas ou peu d’effet toxique, n’a plus de sens. Si ces découvertes sont une révolution pour la toxicologie, la portée de leurs conséquences pour notre vie quotidienne sont à couper le souffle: tout notre système de réglementation des produits toxiques se base sur la notion de « dose journalière acceptable », que les agences gouvernementales, telles que l’ANSES, anciennement AFSSA et AFSET, établissent en se basant sur des études payées par les industriels.

Des agences gouvernementales scientifiquement dépassées
L’absence de réaction de l’AFSSA, ancêtre de l’ANSES, et ses homologues dans les autre pays n’a pour une fois rien à voir avec d’obscurs conflits d’intérêts avec l’industrie. Selon les universitaires à l’origine des études qui ont révélé les effets à faible dose du bisphénol A, les protocoles reconnus par les agences chargée de veiller à la sécurité sanitaire et alimentaire, telles que l’AFSSA , comportent des biais: il ne sont pas adaptés aux perturbateurs endocriniens et à leurs effets à faible dose! Frederick vom Saal, de l’université de Missouri, pionnier dans la découverte des effets à faible dose du Bisphénol A dans les années 90, le résume ainsi au journal Le Monde: «Ces études ne voient rien parce qu’elles ont été mises au point dans les années 1950 et sont complètement obsolètes. C’est un peu comme si on cherchait à déterminer le lieu d’alunissage d’astronautes sur la Lune en regardant avec des jumelles ! » Or, les agences gouvernementales de sécurité alimenaires et sanitaires ne reconnaissent comme valides que ces études biaisées, réalisées pour le compte de l’industrie, certes, mais surtout basées sur des protocoles, scientifiquement dépassés!

Sans recherche universitaire indépendante, les effets à faible dose du bisphénol A n’aurait sans doute jamais été découverts. Bien que ces travaux universitaires n’aient pas été pris en compte par les agences chargées de garantir notre santé, le consensus académique mondial sur lequel elles ont débouché, a tout de même permis d’informer les citoyens et les parlementaires des dangers que font courir ce perturbateur endocrinien. Cette affaire révèle certes l’incurie et l’archaïsme d’agences gouvernementales chargées de nous protéger; elle nous amène aussi, par l’exemple des manoeuvres entreprises par Dow Chemical pour que Frederick vom Saal retire ses premières publications sur les effets faible dose du bisphénol A, à nous intérroger sur les risques que feraient courir à la société, la fin du financement public de la recherche fondamentale au profit d’un financement privé par l’industrie.

Crédit photo: flickr creative commons Stéphan

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