Vendredi 23 août 2019

Angela Merkel rejette la responsabilité de la crise

Dans un texte préparé par les instances du parti de la rue de Solferino, des responsables socialistes français ont décidé de passer à l’attaque dans les médias en dénonçant « l’Europe de la rigueur ».

Certains caciques du PS ont même appelé directement à un « affrontement démocratique » tourné contre la chancelière allemande, Angela Merkel. Dans une convention du parti sur l’Europe prévue pour le 16 juin 2013, il est projeté  d’établir une motion de synthèse entre les différents courants du PS, une motion qui vise à récapituler les positions des uns et des autres concernant le sens à donner à la trajectoire actuelle de l’Union européenne.

Les socialistes ne sont pas unanimes sur ce sujet : à l’occasion des dernières cérémonies du 8 mai célébrant la victoire de 1945, le président François Hollande a rappelé que la France restait un partenaire historique et un allié indéfectible de l’Allemagne dans le processus de l’intégration européenne. Alors que le ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius et le premier ministre du gouvernement actuel, Jean-Marc Ayrault, prônent plus de modération avec l’Allemagne, comment expliquer cette position de l’aile avancée du PS représentée par Harlem Désir et Claude Bartolone qui dénoncent l’austérité budgétaire en Europe ?

Les auteurs du texte initial mettent en fait en cause un « projet communautaire meurtri par une alliance de circonstance entre les accents thatchériens de l’actuel premier ministre britannique et l’intransigeance égoïste de la chancelière Merkel». Les socialistes français refusent en fait une Europe où les peuples passeraient après les marchés.

L’entourage politique d’Angela Merkel n’a pas manqué de réagir très nettement devant une offensive politique qui rappelle de manière sous-jacente l’urgence des prochaines échéances électorales de septembre 2013 en Allemagne entre les deux partis traditionnellement majoritaires, le parti actuellement au pouvoir, la CDU et  le parti social-démocrate, le SPD. Si les Allemands estiment qu’ils sont dans une situation où ils n’ont de leçons à ne recevoir de personne, c’est que leur modèle économique paraît mieux résister que les autres aux effets de la crise.

En fait la confrontation entre les « durs » du PS en France et leurs adversaires politiques outre-Rhin révèle bien une chose essentielle, c’est qu’il existe une tension permanente entre une Europe du libre-échange portée par l’Allemagne seule et celui d’une Europe plus sociale, plus solidaire et écologiste.

Alors qu’aujourd’hui les peuples européens demeurent plongés dans le « diktat » des marchés financiers, il ne faut pas oublier que l’Allemagne a bénéficié directement de l’euro pour stimuler ses exportations pendant cette dernière décennie. Son modèle social est actuellement plutôt en berne. L’Allemagne n’a donc pas de raison objective de se croire toujours à l’abri de la crise. Si l’on ne pense pas la sortie de crise en incluant plus fermement la prise en compte de l’écologie comme alternative à l’orthodoxie budgétaire, il sera impossible de faire aujourd’hui de l’Europe ce qu’elle a toujours été historiquement : un modèle de la réflexion politique occidentale pour une partition collective jouée à 27 voix.

Crédits photo : L’EXPRESS


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