Deux films politiques sans concession

Une fois n'est pas coutume, le cinéma nous a gâté, en nous offrant simultanément non pas un, mais deux films plutôt intelligents sur le monde politique.

L'un est américain, l'autre français; l'un traite de la conquête du pouvoir, l'autre de son exercice; tous deux illustrent, chacun à sa manière, la cruauté de l'impossible quadrature du cercle - comment concilier idéaux et ambitions, grandes idées et petites combines, enjeux collectifs et individuels.

Dans Les marches du pouvoir, George Clooney incarne un candidat démocrate à la présidentielle, charismatique, fier de ses conviction, sans langue de bois, n'hésitant pas à professer son athéisme au pays du fait religieux, bon mari, patron débonnaire, il semble trop parfait; son côté sombre surgira d'un coup, on pense fortement à Bill Clinton...

Dans l'Exercice de l'Etat, Olivier Gourmet -qui nous a toujours habitué à des personnages sensibles- est un ministre des transports tourmenté, une bête politique souffrant de son manque de convictions, un Don Juan de la politique plus doué pour conquérir le pouvoir que pour déterminer qu'en faire; sincèrement intéressé au bien public, capable de gravité comme d'immaturité complète, recherchant la compagnie des "vrais gens" plutôt que celles de technocrates, bouleversé par les morts d'un accident de car mais se remettant très vite de la mort, qu'il a pourtant causée, d'un chômeur de longue durée devenu son chauffeur, le personnage est complexe et malgré tout attachant.

Mais l'intérêt des deux films réside surtout dans les seconds couteaux. Ryan Gosling est un jeune directeur adjoint de campagne idéaliste mais ambitieux. Il vénère son candidat ainsi que son mentor et ami, le directeur de campagne en titre; mais lorsqu'une imprudence jette la suspicion sur sa loyauté, et qu'il découvre à ses dépends que la loyauté est la seule qualité qui compte aux yeux de ses maîtres, sa vie bascule: pour satisfaire son ambition et rester dans la course, il doit devenir un maître-chanteur. Son parcours prend alors des allures de dépucelage politique.

Pas de problème de loyauté pour Michel Blanc,qui campe avec maestria un directeur de cabinet solide comme un rock, effacé mais terriblement efficace, qui aime profondément son ministre malgré son dilletentisme et leurs caractères opposés. Il préférera donner sa démission plutôt que de conduire une réforme qui n'est ni la sienne ni celle de son ami de ministre, causant le chagrin de ce dernier; pourtant lorsqu'une possibilité de rester ensemble surgit brièvement pour s'éteindre aussitôt, par le bon vouloir d'un Président de la République autoritaire qu'on ne voit presque jamais, le ministre choisira le pouvoir plutôt que l'amitié et la loyauté, sans lever le petit doigt.

Que faut-il retenir de ces deux films ? que tout pouvoir corrompt, qu'il n'y a pas d'amitiés qui tienne en politique ? Ce n'est certes pas une révolution: on le savait depuis la nuit des temps. Pourtant, le réalisme saisissant de ces deux histoires fait froid dans le dos.



Crédit photo: (c) Jérôme Prébois, pour le film, l'exercice de l'État de Pierre Schoeller

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Nathalie Machon, recherche (volontaires) pour la biodiversité

Professeur d’écologie au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris, ses travaux portent sur les moyens de concilier activités humaines et préservation de la biodiversité.

Pourquoi suivre l'évolution de la biodiversité ?

On sait de façon plus ou moins diffuse que des espèces sont en train de disparaitre (tigre, ours…). On se rend compte aussi, en comparant quelles espèces on pouvait facilement observer quand on était petit et celles qu’on voit maintenant, que même la nature qui nous environne s’appauvrit (beaucoup de batraciens disparaissent par exemple). Le but de mon travail est de quantifier cette tendance de façon objective Lire la suite...